Asperger, Je suis..., Parcours diagnostic

Je suis timide

Me voici de retour après un temps bien occupé (grippe familiale, ô joie).

J’ai vécu en début de semaine la suite de mon parcours de diagnostic pour un TSA (Trouble du spectre autistique). Après 2 rencontres avec un psychiatre parisien, j’ai été adressée à la consultation d’un hôpital de la capitale. Lundi, je me suis rendue à un entretien avec un psychiatre de ce service, qui devait évaluer s’il était opportun de me faire passer d’autres tests.

Après une entrevue d’une heure, le verdict est tombé : « Pour moi, vous ne relevez pas d’un quelconque trouble autistique. Vous êtes anxieuse, et très timide, mais ce n’est pas de l’autisme. »

 

Je ne lui en veux pas, je ne suis pas en colère. Evidemment, j’aurais préféré être reconnue, comprise, et recevoir la confirmation de ce que je ressens, de ce que je suppose.

Je n’ai pas su sans doute faire résonner ce qui était le plus parlant, le plus caractéristique. Ceci dit, j’ai du mal à synthétiser, à aller à l’essentiel, à communiquer des informations efficacement (ce qui est souvent le cas des personnes autistes).

J’ai paru relativement adaptée, j’ai fait un effort pour le regarder dans les yeux mais ne pas le fixer, j’ai essayé de ne pas m’énerver (même quand il m’a posé la question de la socialisation des enfants instruits en famille).

J’ai réussi à rester concentrée et à donner la réplique à l’aide de quelques mouvements répétitifs des mains et des pieds.

Je n’ai pas demandé s’il avait lu avec attention la liste des difficultés que je rencontre, des particularités que j’ai relevées, rédigée longuement et avec soin en vue de ces entretiens. Je n’ai pas essayé de le convaincre, de me lancer dans la rhétorique. Parce que cela me semble à la fois extrêmement malpoli et incroyablement vain.

Je crois que cette personne n’a simplement aucune idée de ce à quoi peut ressembler une femme autiste adulte, qui a essayé toute sa vie d’être comme les autres.

Une chose est sûre, je suis timide. Sans avoir fait médecine, ma mère l’avait deviné sans mal, comme à peu près toutes les personnes qui m’ont fréquentée plus de 15 secondes.

Une seconde chose est sûre : cette timidité n’explique absolument pas mon besoin d’isolement après une interaction sociale, ni mes hypersensibilités sensorielles, ni mon incompréhension de certaines situations ou paroles, ni mon incapacité à entrer en relation de façon réellement appropriée, ni mon besoin de routines, de repères, d’organisation, de planification pour à peu près tout dans ma vie et celle de mes proches, ni mes balancements en temps de crise. Et encore moins cette découverte d’il y a quelques semaines : le fait de voir s’écrire ce que les gens disent, tout comme le fait de voir surgir en image les expressions métaphoriques, au point d’en perdre parfois le fil de la conversation n’est pas courant, et je doute que ce soit un effet de ma timidité.

Le point positif, c’est ce que début de parcours a, au moins en partie, validé mes soupçons. Le psychiatre parisien est assez reconnu dans le milieu de l’autisme, et il a pensé que j’étais suffisamment concernée par la question pour m’adresser au centre et poursuivre le diagnostic officiel. En fin d’entretien, le psychiatre rencontré lundi m’a annoncé : « Je n’ai pas le monopole du diagnostic, vous pouvez demander un second avis à une équipe plus spécialisée dans le syndrome d’Asperger, parce qu’ici, on rencontre de tout niveau autisme, depuis les personnes non-verbales jusqu’aux Asperger, alors… « . J’y vois une certaine honnêteté à reconnaître que peut-être il n’a pas tous les outils lui permettant de m’assurer que je n’appartiens pas au spectre autistique.

Oui, le diagnostic est un exercice particulièrement difficile quand il doit être posé pour une femme adulte, et encore davantage si celle-ci présente un Q.I. élevé, car alors ses facultés d’adaptation et de compensation seront presque illimitées. Certes, il y aura des conséquences en termes de stress, de fatigue, d’effondrements émotionnels et/ou physiques, mais cette personne paraîtra normale, elle deviendra insoupçonnable, invisible. Parfois cela sera même le cas à ses propres yeux.

Ma route et ma recherche ne s’arrêtent pas ici, je vais effectivement demander un second avis, à une autre équipe, parce que je suis de plus en plus convaincue d’être enfin sur la bonne voie.

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